Appel de propositions sur la production d’études de cas

Objectif: Faire découvrir  et partager l’expertise des membres du Réseau national d'expertise en TSA

Nous nous rappelons tous l’apport éducatif émergeant de la compréhension des études de cas présentées lors de nos formations professionnelles. Elles placent un visage sur des recherches tout en incarnant des modèles de pratique.

« L’étude de cas1 permet une compréhension profonde des phénomènes, des processus les composant et des personnes y prenant part. Ce faisant, certains auteurs croient qu’elle convient surtout pour la construction de théories (Baxter et Jack, 2008; Dyer et Wilkins, 1991; Eisenhardt, 1989; Gersick, 1988, Harris et Sutton, 1986; Woodside et Wilson, 2003). D’autres soutiennent qu’elle est tout aussi appropriée pour la vérification d’une théorie (Anderson, 1983; Corbin et Strauss, 2007; Eisenhardt, 1989; Glaser et Strauss, 1967; Pinfield, 1986; Richards et Richards, 1994). Aussi, il y en a qui prétendent qu’on peut élaborer un design de recherche qui combine les deux. L’étude de cas sert à générer une nouvelle théorie, immédiatement vérifiée par des construits mesurables et des hypothèses testées (Eisenhardt, 1989; Flyvbjerg, 2011; Gladwin, 1989; Howard et Morgenroth, 1968; Woodside et Wilson, 2003).

Plus précisément, l’étude de cas comme méthode de recherche est appropriée pour la description, l’explication, la prédiction et le contrôle de processus inhérents à divers phénomènes, individuels ou collectifs (Thomas, 2011; Woodside et Wilson, 2003). La description répond aux questions qui, quoi, quand et comment (Eisenhardt, 1989; Kidder, 2000). L’explication vise à éclairer le pourquoi des choses. La prédiction cherche à établir, à court et à long terme, quels seront les états psychologiques, les comportements ou les événements. Enfin, le contrôle comprend les tentatives pour influencer les cognitions, les attitudes et les comportements des individus (Barlow et coll., 2008; Woodside et Wilson, 2003). Bien sûr, une combinaison de ces quatre finalités est tout à fait possible.»

Au Réseau national d’expertise en TSA, nous avons la chance de nous adresser à plus de 700 personnes qui ont développé une expertise, un savoir reconnu par leurs pairs. Évidemment, ces expertises sont à géométrie variable; certaines personnes ont des connaissances reliées à un secteur précis, comme l’éducatrice en service de garde, et d’autres plus élaborées, comme l’orthophoniste en CIUSSS, sans oublier la professeure qui mène un laboratoire universitaire! Autant de membres et autant d’expériences et de parcours professionnels!

Cependant, tout savoir peut être utile et bénéfique à l’ensemble des membres du RNETSA et de la société!

Dans un esprit de partage et de carrefour des connaissances, nous invitons les membres du RNETSA à produire des études de cas reliées à leurs expériences et leur savoir. Le but de cette démarche est, d’une part, de mettre en valeur votre expertise et d’autre part, de soutenir les différents lieux de formation ou de perfectionnement œuvrant au Québec. Idéalement, chaque secteur d’activité, chaque corps professionnel, chaque domaine de pratique devrait être couvert, en tenant compte des dimensions intersectorielles. Les textes, entre deux et cinq pages, seront diffusés sur le site Web du RNETSA, donc accessibles et utiles au plus grand nombre de personnes. Vous trouverez, dans les paragraphes qui suivent, le cadre de rédaction.

Cette invitation est lancée à tous les membres du Réseau national; « Experts, à vos papiers! »

Voici les étapes que nous vous suggérons. Vous pouvez décider de combiner deux étapes, comme les étapes 1 et 2 ou 4 et 5. Établissez-vous un plan détaillé et retenez que l’étape de l’analyse est la plus longue et la plus complexe!

1.  Faites un état de situation. Où se situent le ou les problèmes? Sinon, quel est le contexte global? Qui sont les acteurs en jeu? Tenez compte de l’éthique et de la confidentialité; si la personne peut être reconnaissable avec les informations partagées, assurez-vous d’avoir obtenu au préalable son consentement.

2.  Définissez brièvement le problème principal; s’il s’agit de plusieurs problèmes, énumérez-les en établissant des priorités.

3.  Présentez votre analyse/impression clinique du problème en vous référant à des données de recherche ou minimalement en précisant votre cadre théorique; approche comportementale, développementale, sensorielle, systémique, etc. Identifiez la ou les solutions envisagées pour chaque problème important, en vous référant dans la mesure du possible aux données de la recherche appuyant la pratique.

4.  Décrivez l’intervention choisie, son cheminement, ainsi que sa fréquence, son intensité, la personne qui l’applique : un professionnel, un enseignant, un parent? S’il y a lieu, abordez les stratégies d’implantation.

5.  Terminez par les impacts (résultats) de vos interventions. Apportez une conclusion à votre étude, idéalement en lien avec la recherche ou vos recherches personnelles.

Procédure

•  Les textes devront être acheminés à l’animateur du RNETSA

•  La sélection se fera sur les bases suivantes :

  • variabilité des secteurs d’intervention;
  • respect du cadre (étapes) suggéré;
  • qualité écrite du texte;
  • facilité de compréhension;
  • références liées à la recherche, aux données probantes ou à ses recherches personnelles explicitées.

•  Chacune des propositions sera soumise à un comité de lecture formé de gens, en nombre égal, liés et extérieurs au domaine. Exemple : un texte d’une orthophoniste sera lu par une autre orthophoniste et soit par un enseignant, un psychologue ou un parent – le texte d’une éducatrice sera lu par une autre éducatrice et soit par une psychoéducatrice, une ergothérapeute ou un travailleur social.

•   Les propositions seront soit :

  • retenues telles quelles;
  • retenues, mais devront être réécrites ou quelques corrections devront être apportées;
  • refusées.

•  Les textes retenus seront mis en valeur et diffusés le site Web du Réseau national. Les auteurs auront ainsi une reconnaissance officielle de leur contribution au développement de l’expertise en autisme au Québec.

Afin de vous aider, voici quelques éléments de réflexion :

Un mot sur la rédaction

Comme toujours, un plan est de mise. Un texte de cette nature demande une structuration logique des données qui permettra au lecteur de bien vous suivre. Les diverses parties étant interdépendantes, vous devez passer de l’une à l’autre de façon logique et progressive. Donc, prêtez bien attention à cet aspect. N’oubliez pas que le vocabulaire doit être clair et précis et la présentation rigoureuse.

La définition du problème

Cette section présente le but de l’étude et ses grandes lignes. Elle permet d’identifier les bases de l’étude de cas, de décrire les problèmes, de présenter les données, de cibler les priorités et d’envisager les résultats.

Analyse

L’analyse reprend les premières étapes de votre étude de cas, c’est-à-dire : le recueil de données, le diagnostic pour en venir à l’analyse de principaux problèmes. Il s’agit de la partie la plus longue du texte, toutefois, la mise en forme peut être ardue en raison de la prise en considération de toutes les données recueillies lors de votre étude. Essayez de présenter les données de manière équilibrée et cohérente.

L’évaluation des solutions/interventions

Elles doivent ressortir logiquement des données disponibles et de l’analyse. Le ton de cette section doit rester neutre; les phrases et les paragraphes doivent être courts.

La stratégie d’implantation

Cette section découle logiquement de la recommandation et indique comment vous avez mis en pratique la solution retenue pour répondre à une situation donnée.

On révise

Une fois le brouillon terminé, offrez-vous le luxe de le mettre de côté un certain temps. C’est un bon moyen de prendre du recul avant d’entreprendre la révision.

Cette révision doit se faire sur le fond (améliorer le contenu, le développement, la cohérence) et sur la forme (améliorer la qualité de la rédaction, l’orthographe, la grammaire).

Rappelez-vous que votre étude de cas pourrait être lue par les membres du Réseau et le grand public en général! Les données nominatives sont à proscrire et assurez-vous du respect de la confidentialité et de l’éthique professionnelle.

Et merci de partager votre expertise!

1 Gagnon, Y.-C., (2012). L’étude de cas, comme méthode de recherche, 2e édition. Les Presses de l’Université du Québec

Mario_godin_csdi@ssss.gouv.qc.ca